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Presse neuve, couleur inchangée

Juillet 2026 a apporté une série d'annonces de presses offset feuille à feuille en Amérique du Nord et au Royaume-Uni, chacune avec son chiffre de productivité. Ces chiffres se gagnent en vitesse de tirage. Les heures qui décident si vous les verrez vraiment se passent avant, à amener la feuille à la couleur.

Presse neuve, couleur inchangée

Entre le 20 et le 31 juillet 2026, trois investissements en offset feuille à feuille ont été annoncés à quelques jours d'intervalle, sur deux continents. Chacun affichait un gain de productivité dans son titre. Lus ensemble, ils disent quelque chose d'utile sur la direction que prend l'offset, et sur la partie du travail que le constructeur ne peut pas régler à votre place.

Ce que promettent réellement ces nouvelles presses offset

Les trois annonces sont assez proches dans leur format pour être comparées directement.

  • Prodigy Graphics, imprimeur de labeur à Toronto, installe deux Koenig & Bauer Rapida 106, une quatre couleurs plus vernis et une huit couleurs plus vernis avec retiration, et attend 40 pour cent d'efficacité et de capacité en plus.
  • Zenith Print Group, au Royaume-Uni, a commandé une Heidelberg Speedmaster XL 106-5-P+L, annoncée à environ 35 pour cent de capacité de production supplémentaire.
  • Selsey Press a installé la première Komori G837P Advance EX Edition du Royaume-Uni, une presse à retiration achetée pour plusieurs millions de livres.

Trois constructeurs, trois formats, une promesse commune : plus de feuilles par équipe. Cette promesse est réelle. Elle est aussi mesurée en vitesse de tirage, sur une presse qui imprime déjà à la couleur.

Où part réellement un gain de capacité

Le travail type, en labeur comme en packaging, raccourcit depuis dix ans. Quand les tirages baissent, la part du temps presse passée à imprimer baisse avec eux, et la part passée à changer de travail monte. Une presse 20 pour cent plus rapide sur un travail de quatre heures restitue l'essentiel de ce gain. La même presse sur un travail de quarante minutes n'en restitue presque rien, parce que le travail est dominé par tout ce qui se passe avant la première feuille bonne.

C'est l'arithmétique qui explique beaucoup d'investissements décevants. La presse tient sa spécification. L'atelier ne voit pas la capacité promise, parce que la contrainte s'est déplacée.

  • Changement de plaques et lavage : automatisés sur toutes les presses format 106 actuelles, déjà rapides, il reste peu de marge
  • Préréglage d'encrage à partir des données CIP3 ou CIP4 : place les zones d'encrage approximativement avant la première feuille
  • Validation couleur : imprimer, mesurer, corriger les vis d'encrier, réimprimer, remesurer, jusqu'à ce que la feuille entre dans la tolérance. Cette boucle est manuelle sur la plupart des presses, et c'est là que se logent les minutes restantes

Une presse neuve accélère-t-elle le calage ?

En partie. Une presse neuve raccourcit la part mécanique du calage : changements de plaques, lavages de blanchets, changements de format et préréglage d'encrage sont tous plus rapides et plus automatisés que sur une presse de dix ans. Ce qu'elle ne raccourcit pas d'elle-même, c'est la boucle de validation couleur, parce que cette boucle dépend de la mesure de la feuille et de la décision qui suit. Sur la plupart des installations, y compris neuves, un opérateur lit encore une mesure, la juge et bouge les vis d'encrier à la main. La presse est allée plus vite. La décision, non.

La partie qui n'arrive pas dans la caisse

Le préréglage CIP3 et CIP4 est la réponse habituelle, et c'est une bonne réponse. Les ouvertures de zones d'encrage sont calculées à partir de l'image de la plaque avant le démarrage, si bien que la première feuille tombe dans le voisinage de la cible plutôt que très loin. Le préréglage est la raison pour laquelle la gâche au calage sur une presse moderne se compte en dizaines de feuilles et non en centaines.

Il reste pourtant en boucle ouverte. Le préréglage prédit, il ne vérifie pas. Papier, lot d'encre, température, hygrométrie, état des blanchets et vitesse de tirage écartent tous le résultat de la prédiction, et rien dans la chaîne de préréglage ne mesure cette dérive ni ne la corrige. Combler l'écart entre la feuille de préréglage et la feuille validée reste un travail manuel, répété à chaque changement de vitesse et à chaque reprise en cours de tirage.

Qu'est-ce que le closed loop sur une presse offset ?

C'est l'étape qui transforme automatiquement une mesure en correction de vis d'encrier. La gamme de contrôle est scannée, le logiciel compare chaque zone aux valeurs cibles, calcule la correction et l'envoie à la console de la presse. L'opérateur valide au lieu de calculer. Comme la boucle travaille sur des données mesurées et non sur une appréciation, la deuxième feuille est plus proche qu'elle ne l'aurait été, la troisième plus proche encore, et le tirage tient après la validation. Le fonctionnement de cette boucle, les chiffres de gâche et de calage associés et ce qu'implique un rétrofit sont détaillés dans le guide complet du closed loop. Le volet mesure s'appuie sur un écosystème d'outils de scan et de reporting, X-Rite IntelliTrax2 et MeasureColor notamment, mais c'est la correction qui ferme la boucle.

Pourquoi le phénomène est mondial et non local

L'origine de ces trois annonces mérite d'être notée : Toronto et deux imprimeries britanniques, en deux semaines. La même conversation a lieu dans les usines de packaging au Mexique, dans les imprimeries de labeur au Japon et chez les cartonniers européens, parce que la pression de fond est identique partout. Les tirages sont plus courts, les tolérances exigées par les marques plus serrées et les conducteurs offset expérimentés plus difficiles à recruter qu'avant. Le closed loop tourne sur plus de 1 000 systèmes dans plus de 30 pays pour cette raison précise : la contrainte n'est pas régionale. Les imprimeurs nord-américains qui étudient le sujet en parallèle d'une commande de presse trouveront la vue locale sur la page Canada.

Faut-il une presse neuve pour passer en closed loop ?

Non. Ce qui compte, c'est la console : expose-t-elle une interface qui accepte des corrections de vis d'encrier, et dispose-t-on d'une source de mesure au pied de la presse. Beaucoup de consoles de la génération précédente sont éligibles, dont Heidelberg CP2000 et Prinect Press Center, Komori PQC-S et KHS-AI, Koenig & Bauer ErgoTronic et Manroland ColorPilot. Le moyen le plus rapide de trancher pour une machine donnée reste la validation de console gratuite : quelques photos de la console, une réponse sous un jour ouvré. Les termes employés ici, du calage à la zone d'encrage, sont définis dans le glossaire.

Le calcul à faire avant l'arrivée de la presse

Si une commande de presse est sur la table, l'exercice utile consiste à couper la promesse en deux. Demandez au constructeur quelle part des 35 ou 40 pour cent annoncés vient de la vitesse de tirage, et quelle part vient du changement de travail plus rapide. Prenez ensuite votre propre carnet de commandes et calculez combien d'heures par semaine partent réellement en validation couleur, à votre longueur de tirage moyenne, dans votre mélange d'encres et de supports. Ce second chiffre est celui qu'un achat de presse laisse largement intact et qu'un closed loop attaque directement. Le calculateur de ROI fait l'arithmétique sur la gâche, les minutes de calage, l'encre et l'énergie si vous préférez ne pas construire le tableur vous-même.

Rien de tout cela n'est un argument contre l'achat de la presse. Une Rapida 106, une XL 106 ou une G837P est une meilleure machine que celle qu'elle remplace, et la capacité annoncée est réelle. Le propos est plus étroit : la presse neuve relève le plafond, la boucle de validation couleur fixe le plancher. Relever l'un sans relever l'autre, c'est ainsi qu'un investissement à 40 pour cent finit en résultat à 15 pour cent.

Sources

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